Chavirer de Lola Lafon Version imprimable

Note : 5/5 (1 note)

Mots-clés :

En 1984, Cléo danseuse de modern jazz âgée de treize ans, issue d’un milieu modeste tombe dans le piège tendu par la fondation Galatée qui lui propose une bourse pour réaliser son rêve. Cathy la recruteuse après lui avoir offert de nombreux cadeaux la jette en pâture à des hommes membre d’un jury qu’elle doit convaincre qu’elle n’est pas « coincée ». Pourtant victime d’attouchement, elle ne va rien dire à ses parents, pire elle va elle-même entraîner d’autres collégiennes dans ce système pervers. Trente-cinq ans plus tard, après une brillante carrière de danseuse, Cléo n’a pas oublié et elle accepte d’affronter son double passé, de victime et de coupable. L’heure est sans doute venue de se libérer de ce terrible secret.
J’ai apprécié ce parce qu’il montre que dans les années 80, on ne parle pas des prédateurs sexuels. La plupart du temps les plaintes sont classées sans suite. Il analyse aussi un système de prédation bien huilé qui vise des jeunes filles de milieu modeste, peu susceptibles de se défendre.
Cet ouvrage parle aussi de culpabilité et de pardon. Il présente un monde de la danse professionnel basé sur l’effort et l’exigence. Les corps sont malmenés. Dans de courts chapitres tout en nuances et loin du manifeste féministe Lola Lafon décrit avec tendresse le destin de son héroïne et ceux qui l’accompagnent au cours de ces trois décennies. Un livre émouvant, loin du manichéisme.

bibliothécaire médiathèque Simone de Beauvoir

Chavirer de Lola LafonActes Sud. Le Réserver ?

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Les roses fauves de Carole Martinez Version imprimable

Note : 5/5 (1 note)

Mots-clés :

Dans un petit village de Bretagne, Lola Cam tient le bureau de poste. Elle est boiteuse et cette infirmité l’a toujours tenue à l’écart de ses congénères. Elle vit seule et sa passion c’est l’entretien de son jardin attenant à son logement de fonction. Sa vie va être bouleversée par l’arrivée de Carole Martinez. L’auteure est venue en résidence dans ce village guidée par une carte postale ancienne dans le but d’écrire un nouveau . L’auteure va se lier d’amitié avec Lola, ensemble dans l’imposante armoire bretonne elles vont découvrir les secrets contenus dans l’un des cinq cœurs cousus par les ancêtres femmes de lola. Elles vont dépasser l’interdiction de lire ces précieux bouts de papier et mettre en lumière la vie d’Inès Dolorès. La mise à jour de ces lourds secrets de famille va progressivement libérer Lola et nous allons assister à sa transformation physique et psychologique.
Ce récit nous emporte, l’écriture de Carole Martinez est pleine de poésie, de finesse mais parfois elle peut être crue et sauvage. Elle nous parle avec émotion de destins de femmes, d’amour, de vie et de mort. Elle s’interroge sur notre marge de liberté dans une existence souvent guidée par les générations qui nous ont précédés. J’ai apprécié ses réflexions sur son travail de création. Elle se joue de nous et ce peut parfois dérouter en alternant entre le réel et le conte merveilleux. Il faut se laisser faire et suivre la plume très inspirée de l’auteure.

bibliothécaire médiathèque Simone de Beauvoir

Les roses fauves de Carole MartinezGallimard. Le Réserver ?

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The Nickel Boys de Colson Whitehead Version imprimable

Note : 2.7/5 (3 notes)

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Dans la Floride ségrégationniste des années 60, Elwood Curtis un jeune Noir brillant, grandit en prenant très à cœur le message de paix de Martin Luther King. Alors qu’il s’apprête à faire son entrée à l’Université, tout son univers bascule lorqu’il décide de faire de l’auto-stop ... Il se retrouve enfermé dans l'enfer de Nickel où il va découvrir l'abominable machine à broyer des enfants prétendument récalcitrants. Elwood va alors devoir choisir entre courber l’échine et attendre la fin de son séjour…ou trouver un autre moyen pour s’échapper de l’école.
Inspiré, de faits réels Colson Whitehead nous offre une magnifique histoire d’amitié qui naît dans les conditions les plus atroces. Et c’est magistral !
Je n’en dirais pas beaucoup plus, car la voix d’Elwood est celle qu’il vous faut entendre et écouter.

- bibliothécaire à la Médiathèque  Monnaie

The Nickel Boys
de Colson Whitehead - Albin Michel. Le Réserver ?  

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La rentrée littéraire est là ! Version imprimable

Note : 3.5/5 (2 notes)

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Quand je te frappe de Meena Kandasamy Version imprimable

Note : 3.2/5 (5 notes)

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« Quand je te frappe, c’est Lénine qui pleure », telle est la phrase que prononce le mari de la narratrice le jour où il s’excuse pour les coups qu’il vient de lui porter. La narratrice, une auteure indienne au caractère bien trempé, rencontre son futur époux à l’occasion d’une campagne en ligne contre la peine de mort. Ils sympathisent très vite, elle aime ses opinions politiques de gauche, rejoint son engagement contre toute forme d’oppression, admire sa conviction lorsqu’il s’exprime. Très vite, ils se marient et emménagent loin de leurs familles respectives et de leurs amis. Lui, enseigne à l’université. Quant à elle, elle reste à la maison mais continue son activité d’écriture auprès de revues et sur les réseaux sociaux. Lorsqu’il lui demande de fermer son compte Facebook, lorsqu’il lui demande ses codes d’accès à sa messagerie au motif que toute communication de sa part peut nuire à la réputation politique, elle ne comprend pas, elle se rebelle. Les larmes de Lénine commencent à tomber. Elle doit se débarrasser de cette éducation petite bourgeoise et devenir une vraie communiste aux dires de son mari. L’atmosphère d’angoisse et de terreur s’installe au sein du foyer jusqu’à l’impardonnable. Lénine ne cesse de pleurer. Elle n’a qu’une solution pour elle si elle veut vivre : la fuite. N’allez pas imaginer que la force de caractère protège des coups. La narratrice en est la preuve vivante. Elle a dit non, elle s’est rebellée, elle l’a mis devant ses contradictions mais lui, lorsqu’il n’avait plus de mots, utilisait ses mains et ses pieds.
J’ai beaucoup aimé ce livre. Il montre comment le bourreau construit son piège autour de sa victime, avec des sourires au départ puis plus violemment par la suite, surtout quand la victime semble être à sa merci.

- bibliothécaire à la Médiathèque Simone de Beauvoir

Quand je te frappe de Meena Kandasamy - Actes Sud. Le Réserver ?

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Les confidences de Marie Nimier Version imprimable

Note : 3/5 (3 notes)

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Avec l’aide de la bibliothécaire, l’auteure a laissé çà et là, mais toujours sur des lieux de passage, des papiers appelant à la confidence. L’auteure se proposait, de recueillir, sur rendez-vous et toujours dans l’anonymat, une confidence, une anecdote de la vie des gens, quelque chose de joyeux mais aussi quelque chose de plus lourd à porter, quelque chose qu’on n’a jamais osé à personne. Sans doute l’auteure trouverait matière pour ses prochains romans. Elle s’installe dans un appartement vide avec pour tout mobilier un porte-manteau, 1 table et 2 chaises. Elle se bande les yeux pour mieux recevoir la parole de ceux qui viennent se confier. Beaucoup d’émotions se dégagent de chacune de ces confidences : de la tristesse, de la joie, de la colère. L’auteure reçoit tout, à charge pour elle de recevoir tous ces petits bagages que chacun laisse et certains bagages sont plus lourds que d’autres. Parfois, l’auteure est bousculée car une confidence lui rappelle certains moments de sa propre existence, des souvenirs d’enfance et elle s’interroge sur elle-même. Ce est très touchant. Il est un condensé d’émotions, de moments de vie et très souvent les confidences anonymes font écho.

- bibliothécaire à la Médiathèque Simone de Beauvoir

Les confidences de Marie Nimier - Gallimard. Le Réserver ?

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Les patients du docteur Garcia d'Almudena Grandes Version imprimable

Note : 5/5 (1 note)

Mots-clés :

Je ne savais pas comment vous parlez de ce et je ne sais toujours pas comment le faire. Il y a plus d’un mois que je l’ai lu, l’histoire, les personnages…sont toujours là dans ma tête !
Pour faire court, très court, nous suivons le destin de plusieurs personnages, tous reliés par l’Espagne franquiste : certains la combattent, d’autres la vénèrent.
Fresque historique, récit d’espionnage, document politique et sociologique sur la douloureuse construction de l’Espagne moderne, « Les patients du docteur Garcia » est tout cela à la fois. C’est surtout un formidable, que j’ai quitté avec regret !

- bibliothécaire à la Médiathèque  Monnaie

Les patients du docteur Garcia d'Almudena Grandes - JC Lattès. Le Réserver ?


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Le consentement de Vanessa Springora Version imprimable

Note : 3.2/5 (4 notes)

Mots-clés :

V, l’héroïne et narratrice a grandi sans figure paternelle. Lorsqu’elle fait la connaissance de G. lors d’un repas organisé par des amis à sa mère, elle a 13 ans, lui 50 ans. Elle ne comprend pas que dans les regards qu’il lui lance il y a de l’envie, de la prédation. Naïvement, elle apprécie de devenir réalité dans les yeux de quelqu’un, d’exister pour quelqu’un. Une relation naît entre eux, une relation qui normalement n’a pas lieu d’être. Cet homme est connu pour ses amours avec de très jeunes filles. Si certains parmi les relations de sa mère sont choqués, ils n’en disent rien. Quant à sa mère, elle ne s’est pas opposée longtemps devant cet « amour » naissant. Il l’initie à ce qu’il appelle l’amour, il se veut pygmalion. Avec le recul, elle se dit qu’il l’a surtout initié au dégoût d’elle-même. L’homme de lettres qu’est G va se servir de chacune des histoires qu’il a vécues avec des jeunes filles pour écrire des livres à sa gloire. Là où il devrait être honni, il est encensé pour son style, ses histoires. Au fil des ans, leur relation s’étiole. Il faut dire que le corps de V est moins attrayant pour G, alors il repart en conquête. V quant à elle prend conscience de ce qu’elle croyait être une belle histoire, elle prend conscience de ce qu’il est lui, un pervers.
Que dire de ce livre ? Je ne peux pas vous dire que je l’ai aimé ou pas aimé. Simplement dire qu’il laisse un drôle de goût dans la bouche devant le caractère malsain et pervers de G, l’hypocrisie d’une société qui se dit bien-pensante, l’inconsistance et l’inconscience de la mère. Le phénomène MeToo a ouvert la brèche à quelque chose que beaucoup savaient et taisaient. Tout cela n’est maintenant plus tolérable.

- bibliothécaire à la Médiathèque Simone de Beauvoir

Le consentement de Vanessa Springora - Grasset. Le Réserver ?
La critique de ici

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