Motherfucker de Sylvain Ricard & Guillaume Martinez Version imprimable

Note : 3.2/5 (6 notes)

Mots-clés :

USA dans les années 70. Vermont et ses amis du mouvement des Black Panthers tentent de faire cesser la ségrégation raciale toujours d' depuis la fin de la guerre de Sécession. Entre la haine des Blancs et l'incompréhension de certains de leurs proches, leur quotidien est rempli de violences, d'injures et de peurs...

Ce qui m' a tout d'abord marquée dans cette BD, c'est qu'à un moment, Vermont dit à son seul ami blanc qui ne comprend pas ses motivations :  "Tu ne peux pas comprendre... je ne dis pas ça pour te faire de la peine mais tu ne pourras jamais saisir nos motivations profondes". Et cette phrase m'a touchée parce que c'est vrai : quand on est blanc on ne peut pas comprendre ce que c'est que d'être jugé, toisé, arrêté, suspecté... tout simplement à cause de sa couleur de peau. On peut intellectuellement  l'envisager mais émotionnellement c'est impossible.  La force de ce récit est sa dimension profondément humaine. Ça parle d'une période pas si éloignée que ça finalement. Et ce serait se leurrer que de croire que tout est résolu.  J'ai aussi beaucoup aimé qu'on parle des Black Panthers d'un point de vue positif. Ils étaient communistes et noirs... En pleine guerre froide et guerre du Vietam, les USA et l'URSS étaient les plus grands ennemis et les sympathisants communistes considérés comme des traites à la patrie... Alors les Blancs se sont acharnés à leur pourrir la vie alors qu'ils ne faisaient que revendiquer le droit d'être traités comme des citoyens à part entière. A un moment, il y a une histoire dans une école primaire qui m'a fait plus que froid dans le dos. J'ai beaucoup aimé que les auteurs choisissent de faire cette BD en noir et blanc. Symbolique et ça donne une dimension supplémentaire à l'histoire. Une BD très forte.RELU

- bibliothécaire à la Médiathèque Simone de Beauvoir

Motherfucker de Sylvain Ricard & Guillaume Martinez - Futuropolis. Le Réserver ?
Lire la critique d', ici. 

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Monster de Ken Dahl Version imprimable

Note : 3.2/5 (4 notes)

Mots-clés :

Ken découvre qu'il est porteur du virus de l'herpès. Sa vie part en vrille…
Ce récit autobiographique raconte comment Ken Dahl a affronté la maladie. Porteur sans le savoir  d’un herpes oral il voit sa vie amoureuse basculée dans un cauchemard qui va petit à petit gangrener ses relations avec les autres. Ken Dalh ne se préserve pas dans son récit. Il met en avant sa peur, son égoïsme, son désir, son inconscience...  je trouve cela courageux car il ne montre pas toujours une image très reluisante de ce qu'il a été à cette période là. En plus, se livrer à des inconnus c'est prendre de gros risques qu'il faut assumer après. J'ai bien aimé cette BD, au départ je pensais rire beaucoup mais on est en plein drame humain (difficile pour moi de ne pas pas faire un parallèle avec le SIDA). J'ai appris aussi beaucoup de choses sur cette maladie qui me semblait pourtant bénigne. Instructif.

- bibliothécaire à la Médiathèque Simone de Beauvoir

Monster - Ken Dahl - L'employé du moi
. Le Réserver ?

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La mort de Staline de Fabien Nury et Thierry Robin Version imprimable

Note : 3.3/5 (6 notes)

Mots-clés :

Je me suis laissée happer par cette BD qui raconte les jeux de pouvoir qui ont suivi la mort de Staline. Les auteurs se sont appuyés sur de solides sources historiques pour écrire cette histoire. Tout se passe entre le soir du 28 février 1953 quand Staline fait demander l’enregistrement du concert qui se donne à Moscou, à la Maison de la radio du peuple où un orchestre joue le Concerto pour piano n° 23 de Mozart jusqu’à la publication de sa mort quelques jours plus tard, à la une de tous les journaux du monde. Mais que s'est-il passé entre le 28 février, la dernière fois où Staline a été aperçu vivant et le 5 mars (date officielle de sa mort) ? Plus qu'un portrait d'un dictateur, La mort de Staline nous plonge dans les méandres du parti communiste et des batailles rangées pour sa succession. Les portraits de Staline et des autres membres du Comité Central du PCUS sont sans concessions, à l'image de la représentation donnée du régime politique soviétique. Cette BD est très réussie, elle mêle habilement légèreté et drame sur fond de lutte à mort pour le pouvoir. 

- bibliothécaire à la Médiathèque Monnaie

La mort de Staline de Fabien Nury et Thierry Robin - Dargaud.
T1 Le Réserver ?
T2. Le Réserver ?

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Amazigh, itinéraire d'hommes libres de Mohamed Arejdal & Cedric Liano Version imprimable

Note : 3.1/5 (7 notes)

Mots-clés :

L'exil… qu'il soit volontaire ou forcé laisse dans le cœur de ceux qui le vivent une douleur vive. Ces hommes, ces femmes, ces enfants sont prêts à tout par espoir d'une vie meilleure. Peut-on les blâmer de vouloir plus que ce qu'ils ont ? De vouloir vivre en paix quand leur pays est en guerre, de vouloir travailler, nourrir leur famille quand chez eux la misère règne et que la corruption sévit,  de vouloir voir grandir leurs enfants quand la violence, la peur la mort est leur lot quotidien ? Je vis et j'ai grandit dans un pays qui fait rêver des millions d'âmes despérées. C'est ce que raconte ce récit. Mohammed Arejdal rêve d'une vie meilleure, d'être plus libre, de pouvoir être un artiste à part entière sans craintes, vivre tout simplement en toute quiétude, aider sa famille, être heureux. C'est ce qui le pousse à franchir le pas et à confier sa vie, son avenir à des "passeurs" qui contre rémunération sont prêts à lui ouvrir les portes du paradis. Certains prennent des risques insensés pour s'en approcher (boat people, soute d'avions...) au risque d'y laisser leur vie car quand le désespoir gouverne vos actions tout est envisageable. Le prix de leur liberté est élevé : la peur, la faim, la violence vont être du voyage et une fois à destination, la clandestinité n'est pas de tout repos. La peur au ventre, la faim, l'envie d'y arriver coûte que coûte...vont accompagner Mohamed chaque heure, chaque minute, chaque seconde. Ce récit est bouleversant et même si je n'ai pas vraiment accroché au dessin, je trouve qu'il illustre bien ce que nous confie Mohammed. Incontournable.

- bibliothécaire à la Médiathèque Simone de Beauvoir

Amazigh, itinéraire d'hommes libres de Mohamed Arejdal & Cedric Liano - Steinkis  Le Réserver ?

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Le tirailleur d’Alain Bujak Version imprimable

Note : 3.6/5 (8 notes)

Mots-clés :

A la suite d’une commande de la ville de Dreux pour un reportage sur les occupants d’un foyer accueillant d’anciens tirailleurs marocains, le photographe Alain Bujak va se lier d’amitié avec Abdesslem, un vieil homme de 84 ans, qui, au fil des rencontres, va lui raconter l’incroyable histoire de sa vie. Abdesslem est né à Taza, au Maroc, dans une campagne magnifique où il est berger pour son père. Lors d'une visite en ville, il est enrôlé sans qu'on lui demande son avis dans l'armée française… En France, ils sont des milliers de combattants algériens, marocains, tunisiens, sénégalais, issus des anciennes colonies, à avoir ce drôle d'exil. Un récit humaniste, très sensible, qui nous instruit, nous émeut, et nous rappelle que des hommes d’ailleurs se sont battus pour notre liberté. Superbement mis en image par Piero Macola.

- bibliothécaire à la Médiathèque Monnaie 

Le tirailleur
d’Alain Bujak - Futuropolis. Le Réserver ?

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