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Il y a les drames dont on se remet et ceux dont on ne se remet pas. C’est bien de cela qu’il s’agit dans Manchester by the sea. Sous ses airs de petit film indé discret, ce long-métrage du peu connu Kenneth Lonergan s’avère être un saisissant cataclysme émotionnel, une œuvre bouleversante, absolument déchirante. C’est là que Lonergan réussit son coup de maître : réhabiliter le mélodrame, le rendre noble et puissant tout en évitant religieusement d’en user les codes les plus embarrassants. Même si l’équilibre semble parfois périlleux à tenir, avec quelques scènes sur le fil du rasoir, il parvient magistralement à éviter les embûches du tire-larmes. Il ne reste alors que l’essentiel : la peinture naturaliste d’une famille empêtrée dans le deuil et les portraits magnifiques de ceux qui la composent. Portraits incarnés par des acteurs tous habités, sans exception. Et quand toute la tristesse du monde se concentre dans le seul regard de l’inoubliable Casey Affleck, damné, qui traîne son malheur épaule courbées, dans un silence de glace, comme si les mots ne servaient plus à rien, alors c’est notre cœur qui manque de se figer... C’est lent, âpre, brut comme ce morne décor, écrin mélancolique qui embrasse tout entier les personnages désemparés. Pourtant l’on rit parfois, avec cet adolescent attachant qui veut avancer et vivre pleinement malgré la peine. Ces moments de respiration, ces touches de comédie au sein du drame sont salutaires : la vie coûte que coûte et malgré tout.

Mélanie - bibliothécaire à la MPU

Manchester by the sea de Kenneth Lonergan. Le Réserver ?

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